Daniel Havis : Automobile, habitation : « Pour rester peu cher, il faut être sélectif »

Avez-vous arrêté vos tarifs 2016 en assurance habitation et automobile ?

Pas encore, mais nous devrions être à nouveau dans une perspective stable, comme en 2015 où nous n'avons pas augmenté nos prix en auto, en habitation et en santé. Notre situation bilancielle, qui s'est encore renforcée l'an dernier, fait que nous pouvons nous le permettre. L'exercice est par ailleurs plutôt calme sur le plan des événements naturels, même si les orages qui ont touché le Sud-Ouest, et tout particulièrement le Tarn-et-Garonne, fin août, pourraient coûter cher. Enfin, compte tenu des difficultés que connaissent les ménages, cela me semblerait être une décision raisonnable.

Votre modération tarifaire est-elle encore tenable longtemps ?

Le prix reste un vecteur de choix très important pour les clients, et il y a toujours une grosse bagarre entre assureurs pour prendre des parts de marché. Le marché est donc très tendu, et cela ne pourra pas durer encore des années comme cela. Dans l'immédiat, il faut logiquement s'attendre à un durcissement de la qualité de souscription. C'est la seule solution pour rester peu cher. A la Matmut, nous avons pris l'option depuis deux ans d'être très sélectif en période de crise, ce qui nous a déjà permis d'améliorer nos résultats techniques.

Cette sélectivité va-t-elle de pair avec une plus grande segmentation de vos portefeuilles ?

Je ne crois pas à la segmentation. C'est un argument marketing, mais cela ne peut pas être un outil de développement, car cela va à l'encontre de la mutualisation, qui est le principe même de l'assurance. Pour pouvoir mutualiser, il faut pouvoir conserver des volumes significatifs. Je suis ainsi très réservé sur les sujets de « pay as you drive » ou de « pay how you drive » [la fixation de la prime en fonction du kilométrage parcouru ou du comportement du conducteur, NDLR].

 

Ressentez-vous les effets de la crise chez vos assurés ?

Il y a une évolution des comportements des consommateurs, avec une tendance à acheter des voitures plus petites ou bas de gamme. Ce phénomène tire évidemment les encaissements de primes vers le bas, même si le volume de véhicules à assurer reste le même et si les consommateurs ne revoient pas forcément à la baisse leur niveau de garanties. Paradoxalement, sur le marché des entreprises, nous ne constatons en revanche pas trop les effets de la crise.

Depuis janvier, les assurés peuvent désormais quitter leur assureur dès lors qu'ils sont restés douze mois chez lui. Cela se traduit-il déjà par une hausse des départs ?

Il y a un effectivement un volume non négligeable de résiliations de type Hamon. Mais, comme la Matmut a toujours eu une posture assez facilitante pour les résiliations en cours d'année, je préfère attendre la fin de l'exercice pour voir ce qu'il en est réellement.

Les Echos le 9/09/2015

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