"Les mutuelles ont toujours été innovantes"

En avril 2015, Nicolas Gomart était nommé directeur général du groupe Matmut au sein duquel il était entré en 2012. Depuis, ce Sedanais de naissance a adopté la Normandie et porte une ambition forte pour le groupe toujours très ancré dans la région. Nous l'avons rencontré pour faire le point de ses projets et évoquer les chantiers à venir.

 

L'assurance est devenue un secteur très concurrentiel, confronté à des défis importants dont une sinistralité en hausse. Dans ce contexte, le groupe Matmut tire son épingle du jeu avec fin 2016 un peu plus de 3,2 millions de sociétaires et 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Comment faites-vous ?

- "Si l'on remonte un peu dans le temps, dans les années 1960, le secteur de l'assurance a subi d'importantes transformations avec l'arrivée de nouveaux acteurs, les mutuelles, qui étaient d'une certaine façon les 'Uber' de l'époque, venues concurrencer les acteurs traditionnels. Aujourd'hui ce sont les banques qui font de l'assurance leur nouvel eldorado.

Parallèlement, le marché a atteint une certaine maturité qui fait que les marges sont devenues modestes, par exemple en assurance automobile, un des métiers historiques de notre groupe. Ajoutons enfin les obligations réglementaires, toujours plus importantes...

Afin de poursuivre son développement, le groupe Matmut a misé sur la qualité de service et c'est un choix que nous assumons pleinement. Restent les paramètres que nous ne maîtrisons pas, comme la sinistralité, que ce soit en coût ou en fréquence. Elle était très élevée en 2016. Elle le sera vraisemblablement moins en 2017, même si l'année n'est pas finie... Nous sommes tributaires de deux facteurs par nature difficilement prévisibles : les accidents graves pour l'assurance auto et les aléas climatiques.

 

Ces dernières années, vous avez multiplié les alliances et les partenariats, d'abord avec des mutuelles : Ociane, Mutlog, Harmonie Mutuelle, et à présent avec le groupe BNP Paribas. En quoi ces partenariats servent-ils le développement du groupe Matmut ?

- Nous menons depuis dix ans une politique de diversification : vers l'assurance-vie, d'abord, et plus récemment dans le domaine de la santé avec le lancement d'une activité dans ce domaine en 2010 et surtout, en 2016, l'intégration dans le groupe de la mutuelle Ociane, devenue 'Ociane Groupe Matmut'. Cette diversification est pour nous un facteur de solidité. Et en même temps, nous restons sur notre cœur de métier : l'assurance. Nous n'avons pas vocation à devenir une société de services. Avec la société commune créée avec le groupe BNP Paribas, nous franchissons une nouvelle étape : l'opportunité s'est présentée à nous d'élargir notre champ d'action et nous l'avons saisie. Nous ne partions pas favoris d'ailleurs lors de l'appel d'offres mais in fine, la rigueur et la qualité de notre savoir-faire ont fait la différence. Incontestablement, cette alliance a changé la perception que les professionnels et même le grand public ont de la Matmut et s'annonce déjà pour nous comme un catalyseur de projets futurs. La nouvelle entité Cardif IARD sera lancée officiellement au 1er avril 2018 et sera hébergée dans le bâtiment de La Filature, construit selon la norme énergétique Passivhaus, qui fait face au siège du groupe à Rouen. À terme, ce sont près de 600 emplois à la clé pour la métropole rouennaise.

 

Après l'ère Chevallier et Laspalès, vous avez axé votre dernière campagne de communication sur une nouvelle signature 'Matmut, ma valeur sûre'. Qu'est ce qu'une valeur sûre de nos jours ?

- Un partenaire sur qui l'on peut compter, un 'complice de vies'. Depuis l'origine, le groupe Matmut a privilégié la relation de confiance avec ses sociétaires, avec cette volonté de les accompagner tout au long de leur parcours, quel qu'il soit. Le groupe a toujours été très à l'écoute des évolutions de la société : nous avons par exemple été parmi les premiers à assurer les familles recomposées. Aujourd'hui, nous avons un excellent taux de fidélité, malgré la 'Loi Hamon' qui facilite la résiliation des contrats d'assurance, preuve que la qualité de nos produits et de nos services est reconnue. Au sein de la cellule familiale, le relais se fait plutôt bien : en matière d'assurance, les parents sont souvent les principaux prescripteurs. L'objectif de notre campagne de communication était entre autres de valoriser nos acquis. Elle a eu un bel impact, en particulier sur les réseaux sociaux, et avec des retombées déjà mesurables sur notre produit phare, l'assurance auto, qui repart à la hausse de façon assez nette depuis dix-huit mois.

 

Le mutualisme est une valeur plutôt en hausse, qui inspire confiance, mais qu'on associe moins spontanément à la notion d'innovation. Votre projet d'entreprise #Ambition Matmut remet l'innovation au cœur de vos priorités. Où en est-il ?

- Dès le départ en réalité, les mutuelles ont été innovantes ! Et elles le sont toujours. Aujourd'hui, on associe trop exclusivement l'innovation aux progrès technologiques. Ceux-ci ont leur importance, bien sûr, mais pour nous l'innovation doit aussi s'incarner dans le cadre de nos produits et services : notre bonus auto à 65% (au-delà des 50% règlementaires), notre offre autopartage ou encore des contrats pour bien accompagner les enfants qui partent à l'étranger... Prochainement, nous allons lancer un produit d'assurance cyber pour les entreprises. En réalité, notre démarche d'innovation est continue, l'objectif d' #Ambition Matmut étant surtout de mieux l'articuler autour d'un projet global, d'apporter une cohérence d'ensemble et de s'adapter en même temps à la nouvelle donne qu'impose le digital. Les grands principes ont été arrêtés et de nombreux objectifs atteints, même si tous les travaux ne sont pas finalisés. Nous travaillons désormais à poser les bases d'un nouveau projet stratégique pour les années à venir.

 

Vous investissez dans des start-up, notamment Saagie, une belle pépite normande spécialisée dans le Big Data. Quelles retombées concrètes en attendez-vous ?

- Nous avons en effet créé en collaboration avec eux un Data Lab, hébergé dans les locaux du groupe. L'analyse des données est un enjeu majeur de notre métier. Elle doit permettre d'apporter des réponses pertinentes à des questions que nous nous posons, par exemple afin d'affiner notre politique de tarification ou pour détecter des signaux faibles afin d'anticiper les cas de résiliation. L'idée est de bénéficier de l'expertise de Saagie et de co-construire avec eux un vrai savoir-faire sur la gestion de données adaptée à l'assurance.

 

Le groupe Matmut a toujours été très impliqué dans la vie locale, par ses actions de sponsoring et de mécénat notamment. Quels sont les axes qui guident vos choix ?

- Actuellement, nous nous recentrons sur quelques grands principes bien définis : dans le domaine sportif, nous avons notamment fait le choix du rugby et exclusivement des clubs évoluant à haut niveau, ce qui nous garantit des retombées satisfaisantes. Nous continuons par ailleurs à soutenir le Rouen Hockey Elite 76 qui évolue au plus haut niveau français et européen. Sur le plan culturel, notre priorité va à l'art contemporain avec notre Centre d'Art Contemporain à Saint-Pierre-de-Varengeville qui a d'ores et déjà trouvé sa place dans l'offre culturelle de la région avec plus de 130 000 visiteurs accueillis depuis son ouverture en 2011. Nous continuons à soutenir aussi l'Opéra de Rouen et des événements comme Un été au Havre pour les 500 ans de la ville ou le festival land art à Jumièges, prévu en 2019. Une idée maîtresse pour ces différents mécénats : contribuer à l'accessibilité culturelle pour le plus grand nombre. Enfin, de façon générale, nous nous intéressons aux actions menées en direction des jeunes et des familles, conformément à notre positionnement. C'était par exemple le sens du Hackathon organisé à Rouen en juin 2016 et qui a été un vrai succès. Il importe que ces actions soient porteuses de sens, tant à l'externe qu'en interne, car ce sont autant d'occasions de mobiliser et fédérer nos équipes.

 

La Matmut en Normandie, c'est un peu plus de 2400 collaborateurs sur un total de 6100, avec un ancrage historique dans la métropole rouennaise et une participation toujours active à son développement. Quel est votre regard porté sur ce territoire ? Ses forces ? Et peut-être ses faiblesses... 

- D'un point de vue purement économique, l'axe Seine est le principal atout de cette région, un lien entre la région parisienne et Le Havre, qui encore aujourd'hui est trop peu exploité. Il est dommage que les infrastructures ne suivent pas toujours et notamment les infrastructures de transport qui ne sont pas à la hauteur. Le groupe Matmut continue à prendre part au développement de ce territoire. Dans le domaine immobilier, notamment, avec  de nombreuses opérations sur le territoire de la métropole, dont la reconversion du site de l'école Normale d'Institutrices ENI (avec un hôtel 4 étoiles, un restaurant, un spa, un ensemble à usage tertiaire pour TPE, un parking), la construction de logements et de bureaux et l'inauguration récente d'une résidence étudiante de 136 logements..."

Normandie Magazine 18/09/2015

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